Ce petit restaurant caché intrigue. Déjà, on passe devant sans s’en rendre compte car il n’y a pas d’enseigne. Ou si, mais c’est une plaque dorée, placardée au mur, sur laquelle on peut lire « La Chasse Gardée : auberge, épicerie fine, maison de nuit ».
C’est bien joué, la curiosité est aiguisée et on a envie d’entrer.
A l’intérieur on découvre un décor bien pensé et élégant : du cuir, du rouge, des poutres qui divisent la salle en deux parties et surtout cette énorme tête de cerf semblant nous défier du regard.
Au fond de la salle la cuisine est ouverte, quelques clients boivent un verre au comptoir en regardant le tout jeune chef officier.
Si l’idée d’avoir fait cette cuisine est bonne, on se rendra compte plus tard qu’elle est malheureusement trop bruyante quand mixeur et lave-vaisselle vibrent en même temps.
Quelques belles références de vins sur l’ardoise au mur et une formule courte et simple : entrée, plat et dessert à 21€.
Au choix : 2 entrées, 2 plats, 2 desserts.
Ici, tout est frais et de saison, les produits venant directement du marché. Pour l’instant c’est alléchant.
La formule nous annonce une assiette de charcuterie et un feuilleté de printemps.
Si le printemps est bien dans le petit ramequin, nous ne comprenons pas l’intitulé « feuilleté » puisqu’aucune pâte n’emprisonne les légumes.
Les courgettes, aubergines, tomates sont gratinées à la mozzarella.
C’est bon mais cela manque cruellement d’assaisonnement tout comme le mesclun servi avec, juste relevé de quelques gouttes de vinaigre.
Terrine, saucisson, jambon de Parme, l’assiette de charcuterie est généreuse mais dommage, servie sans cornichons ni beurre.
Pour la suite la carte propose un tartare de bœuf et une salade batignolaise.
La viande est finement coupée, généreuse et déjà préparée avec des oignons. Dommage, le jaune d’œuf est déjà éclaté nous n’aurons pas ce plaisir. Et le tartare manque encore une fois d’assaisonnement.
La salade est composée de mesclun, melon, tomates cerise, et d’un peu de fêta. Une vraie vinaigrette aurait mis les ingrédients en valeur. Dommage encore ces quelques gouttes de vinaigre.
En dessert une jolie salade de fraises arrive ainsi qu’un clafoutis aux griottes. Mais ce dernier est ferme et servi bien trop froid.
L’idée de départ est bonne : proposer aux gourmands de se réfugier à l’abri pour déguster de bons produits de saison.
Malheureusement les fausses notes s’enchaînent. L’amateurisme se sent en cuisine et en salle et il faudra absolument changer les tables, beaucoup trop basses par rapport aux banquettes.
Mais avec quelques efforts, cette « Chasse Gardée » aurait tout pour plaire aux gourmands du quartier.
Et ne cherchez pas de vente à emporter, ici «épicerie fine» signifie que tous les produits sont frais, pas à vendre.
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