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Le bus s’arrête aux Gobelins. Je descends et me retrouve rapidement devant une devanture pas très étendue mais amusante. L’auvent est rouge, le restaurant s’avance sur le trottoir grâce à une petite véranda et un présentoir en bois vous invite à lire le menu et à prendre une carte de visite. Il y a quelque chose de ludique et de participatif dans ce « Canteen Bus ». Et d’ailleurs, pourquoi ce nom ?
A l’intérieur, Erik est affairé. Il prend le soin de m’installer et de m’explique ce mystérieux nom. La réponse est claire : canteen comme une cantine en anglais et bus parce que dans le premier restaurant, à Alésia, il y a un arrêt de bus juste en face. |
 Cadre très chaleureux |
 Salle tout en longueur |
C’est aussi le cas pour celui des Gobelins qui a ouvert il y a 9 mois. En tout cas, l’association des deux mots donne un air « made in USA » des années 50. Et ça tombe bien, le décor à l’intérieur l’est aussi !
Le restaurant est étroit mais profond. Les lambris de bois clair posé horizontalement sur tout le mur donne pourtant l’illusion d’un espace aéré et tranquille. Le rouge, couleur phare du restaurant, dynamise le tout. En entrant dans la salle, on se sent en forme, prêt à attaquer un bon plat. Le plafond de couleur crème répond au carrelage clair du sol. Le décor se veut joyeux et serein. Aux murs, la thématique du restaurant est joliment arborée. Le grand cinéma prend la forme de visages célèbres dans des cadres noirs et élégants. Des grands tubes de ketchup, de moutarde et de mayonnaise sont posés sur une table, des chaises tapissées de mousse rouge et un bar avec distributeurs de soda viennent parfaire ce décor américain. On se croirait sur le bord d’une autoroute dans les années 50.
Johan m’a rejoint. Nous dégustons un kir à la pêche bien dosé en lisant la carte. Et quelle carte : pates géantes, salades géantes, patates party, omelettes géantes… Tout semble surdimensionné. Décidemment, on se croirait aux USA. Les plats proposés se veulent francs, brutes et originaux. Avec mon acolyte, nous ne nous décidons pas. Erik vient à notre secours et nous explique ce foisonnement de choix sur la carte. Tout à commencé il y a 20 ans dans le 14 ème arrondissement, rue Alésia. Le beau frère d’Erik, passionné de cinéma et de cuisine, a eu l’idée de marier ses deux plaisirs pour un concept original qui se veut emprunt de nostalgie hollywoodienne. |
Pendant deux années, avec sa femme, ce passionné a inventé, testé, goûté et testé encore des plats sortis de son imagination. C’est comme ça que, petit à petit, la carte qu’il proposait dans son premier « Canteen Bus » s’est garnie de plats variés et uniques en leur genre. Des plats consistants qui se suffisent à eux-mêmes. Cette carte est la même que celle sur laquelle nous nous penchons avec Johan. Erik finit par nous décider. Ce sera des pâtes pour moi et une « patates party » pour mon ami.
Nous patientons. Aujourd’hui dimanche, il ya du monde dans la petite salle. L’ambiance est décontractée. Erik échange des blagues avec quelques habitués. Les rires fusent par-dessus une musique d’ambiance qui nous suit tout au long du repas. Je constate que l’endroit est idéal pour venir entre amis et manger sans manière. Les grands gourmets n’y trouveront peut-être pas leur compte. De plus, le restaurant est à quelques mètres des deux cinémas les moins chers de Paris. Une idée de sortie amusante. |
Nos plats arrivent. Je découvre « Terminator », mon plat de pâtes dans le fond d’une assiette haute. Elles sont joyeusement agrémentées d’ingrédients aux couleurs multiples : jambon, champignons, tomates et ciboulette, une composition agréable à regarder. Moi qui suis loin d’être une furie de pâtes, j’espère que les papilles seront aussi satisfaites que les yeux.
Sur la langue, il y a comme un goût provençal qui s’installe. Des herbes, imperceptibles à première vue, se mêlent au plat. La combinaison est intéressante et savoureuse. Le jambon est bien parfumé, les tomates apportent de la douceur et le goût des champignons est moins prononcé. Il manque juste un jus, une sauce pour lier les aliments entre eux et rendre le plat moins sec. Ceci reste mon avis. Un avis d’autant plus contestable que Johan, qui a goûté mon plat, me dit l’adorer et ne rien lui reprocher. Pour 13 euros, le plat vaut donc le détour.
A mon tour, je goûte à son plat. C’est une grande assiette bien fournie de salade accompagnée de morceau de tomate et d’une sauce blanche vinaigrée d'un côté, et de deux pommes de terre farcies d’oignons et de lardons recouvertes « d’œufs à cheval » de l’autre. |
 Plats très copieux |
La salade est fraîche et ses grandes feuilles vertes montrent son authenticité. Moi qui aime les salades vinaigrée, je suis comblée. J’entame enfin une des deux pommes de terre. La chaire est vraiment tendre, chaude et fondante sur la langue. C’est un vrai régal, un régal simple mais authentique. De ce froid, le plat est adéquat. Les lardons sont fins, sans gras et se mélangent à merveille avec les oignons. Le tout est salé à point. Comptez 12,50 euros pour cette découverte.
Effectivement, comme nous l’avait prédit Erik, nous avons du mal à venir à bout de nos plats. Nous prenons le risque de goûter un dessert. |
 Pyramide de profiteroles |
Pour moi, c’est un Brownie avec de la crème anglaise. Un carré de Brownie noyé dans une mer jaune se présente sous mes yeux. Impatiente, je plonge ma cuillère dedans en prenant soin de bien tremper mon gâteau dans la crème. Sous le palais, le chaud/froid fait son effet. Le gâteau tiède contraste avec la crème anglaise bien froide. Les deux sont liés par un coulis de caramel. Le goût est exquis ! Un dessert à 4,50 euros qui vaut son prix. Ni plus ni moins.
La pyramide de profiteroles arrive à son tour. La chantilly fait son effet. La pyramide est vraiment réussie ! Sur les trois grandes profiteroles repose des boules de glace à la vanille. La chantilly recouvre le tout et un coulis de chocolat vient parfaire la décoration. La pate des profiteroles est tendre et bonne. Normal ! Elle vient de la boulangerie d’en face ! Erik nous le dit sans détour. Il préfère jouer la transparence. Et puis, ça fait travailler le commerce de proximité. Un dessert à 6 euros. |
| Nous n’avons pas pu goûter les salades géantes ni les omelettes géantes qui sont les deux autres sortes de plats originaux de ce restaurants. Leur prix varie également entre 12 et 14 euros. La prochaine fois, je viendrais avec plus d’amis. En tout cas, comptez entre 18 et 22 euros pour venir déguster un plat et un dessert à Canteen Bus. Pour un apéritif, prévoyez 4 euros de plus. Le choix des vins n’est pas l’atout de la carte mais il est possible de déguster un verre de rouge ou de rosé pour 3 euros. Le pichet de ½ litre est compris entre 5,5 et 13 euros et celui de 75 cl varie entre 13,5 et 21 euros. Quant au café, il est à 2 euros. |
 Les années 50 en avant |
| Il est possible de faire des soirées spéciales dans le restaurant. « Tout est possible ! » nous a assuré Erik. Alors, vous pouvez le prendre au mot et l’appeler pour organiser un évènement et réserver la salle entière. |
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